LE CALEMBOUR, LES VERS HOMORIMES, L'HUMOUR, LA DÉRISION PEUVENT ÊTRE JUDICIEUSEMENT UTILISÉS POUR ILLUSTRER LES BLAGUES EN POÉSIE, AVEC BONHEUR. JE VOUS OFFRE MA SÉLECTION EN ESPÉRANT QUE VOUS APPRECIEREZ



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L'ARMÉE SUISSE

Je m'en vais vous conter une histoire authentique,
Vécue par l'armée Suisse un jour d'entraînement ;
Un colonel arrive et face au régiment,
Il hurle un "garde à vous !" qui frise l'hystérique.

Mais personne ne bouge, et il est furibond.
Un capitaine passe et sa surprise est grande :
- "Mon colonel, voyons", dit d'emblée son second,
"Il faut attendre un peu que le bruit se répande !"

ANDRÉ


ANNIVERSAIRE MARIAGE

Deux amis se coudoient sur les quais d'un grand port,
L'un des deux annonçant ses trente ans de mariage.
Et l'autre lui demande avant d'aller à bord :
- "Qu'offres-tu à Agnès, sans doute un beau voyage ?"

- "Nous partons tous les deux sur une île déserte".
- "Ah ! quelle bonne idée d'aller là vous nicher !
Et pour vos cinquante ans, quelle autre découverte ?"

- "Aucune, mon ami, j'irai la rechercher !"

ANDRÉ


LES IVROGNES

Dans un bar de quartier la soirée se termine ;
Trois ivrognes s’en vont chercher un lupanar
Pour terminer la fête, et, comme on le devine,
La patronne les aide à aller au plumard.

Deux filles seulement demeurent disponibles ;
Elle les affecte aux deux gars les moins bourrés,
Tandis que le troisième, aux mots incoercibles,
Est mis dans une chambre à carreaux ajourés.

Comme il est ivre mort, sur son lit, à côté,
Elle dépose alors une poupée gonflable…
Le lendemain matin, dans la complicité,
Les trois gaillards la mine enfin plus acceptable,

Se retrouvent, chacun, racontant sa virée.
Le troisième s’exclame, et dit, gesticulant :
« Moi, je ne comprends pas quand elle s’est barrée ;
En lui mordant la fesse, elle a foutu le camp,
Passant par la fenêtre… et en plus en sifflant ! »


ANDRÉ


LEÇON DE GÉOGRAPHIE

Au cours d’une leçon sur la géographie
La jeune institutrice observe Gaétan,
Un élève étourdi, un peu déconcertant,
L’esprit assez frondeur, à l’allure bouffie.

La maîtresse arrivant, il se fait tout petit,
Comme absorbé, soudain, en plein dans sa lecture…
Elle décide donc – jugement averti,
De le questionner pour tester sa culture.

« Pourrais-tu me citer le nom des continents ? »
Gaétan la regarde, un œil plein de malice,
Et répond aussitôt (ce qui est surprenant !)
Désarmant quelque peu sa brune éducatrice.

« Il y a l’Asie, l’Océanie, l’Amérique,
En plus de l’Afrique, l’Europe et puis Papy. »

« Mais pourquoi donc « Papy » ? bégaie-t-elle, énergique,
Et déstabilisée au propos inouï.

« C’est très simple pourtant », dit-il en ricanant :
« Maman dit toujours : Papy est incontinent ! »

ANDRÉ


L’ÉPITHÈTE

La maîtresse au lycée donne un cours de français ;
L’adjectif, l’attribut figurent au programme.
Au cours d’un exercice elle tente un essai
Avec des questions, y met toute sa flamme.

Tout se déroule bien, chaque élève donnant
Le meilleur de lui-même, et avec compétence.
Il ne reste qu’Ali, pas trop entreprenant.
L’institutrice, alors, le met en confiance,

Et lui dit simplement : « A toi la devinette !
Construis-moi une phrase où l’on trouve, pareil,
Un mot qui, à lui seul, servira d’épithète. »
– « Oui, Madame : aujourd’hui il y a du soleil ».

« Voyons Ali, il n’y a aucune épithète
Dans cette phrase ; il faut améliorer ton score ! »
– « Pas di problème, Madame, alors ji la complète :
Y a du soleil, épithète que demain encore ! »


ANDRÉ


SCÈNE DE MÉNAGE

C’est un quinquagénaire en la force de l’âge,
Marié depuis déjà un peu plus de trente ans…
Un soir, rentrant chez lui, sa moitié, à l’ouvrage,
Est en train de boucler ses ballots entre-temps.

« J’en ai assez, dit-elle, avec nos démêlés ;
Je m’en vais ! »
Bouche bée, il la regarde faire.
Avant qu’elle n’ait pu, dans ses gestes zélés,
Mettre dans sa valise au moins le nécessaire,

Son mari, comme un fou, se hâte vers l’alcôve,
Ouvre la penderie, et dit avec sang-froid :
« Moi aussi, j’en ai marre, autant que je me sauve,
Et puisque l’on y est, je m’en vais avec toi ! »


ANDRÉ


L’INDUSTRIEL ET SON NEVEU

Un riche industriel dans un état critique,
Reçoit à l’hôpital son unique héritier ;
Son neveu, près du lit, visage sympathique,
Se veut d’être agréable et fort primesautier.*

« Que puis-je donc mon oncle, effectuer pour vous ;
Ce sera un plaisir de vous rendre service ? »

Tout congestionné, pris de quinte de toux,
Les yeux exorbités, le vieux est au supplice,

Et, dans un gargouillis plus qu’incompréhensible,
Il essaie de parler, au bord du coup de sang.
Le jeune homme s’approche, et le plus près possible,
Des lèvres de son oncle en un appel pressant :

« Que puis-je faire pour alléger vos souffrances ? »
Le vieil homme murmure au point de perdre haleine :
« Je t’en prie, mon neveu, cesse ces convenances
Et retire ton pied du tuyau d’oxygène ! »


ANDRÉ


COPACABANA

Il est heureux Lucien, qui revient de vacances ;
Six journées passés à Rio De Janeiro.
Rencontrant le Marcel il lui dit ses bombances,
Dans le café du coin, autour d’un apéro.

- "Tu vois, je suis allé à Copacabana ;
Une superbe fille en string s’est approchée…
Nul problème de langue, aussitôt la nana
M’a fait comprendre (et pas du tout effarouchée),

En dessinant sur le sable fin deux carrés.
Bien vite j’ai saisis l’essence du message.
Dans ce double tracé, ces dessins suggérés,
Signifiaient déjà une aguichante image.

Elle voulait s’asseoir tout à côté de moi.
Plus tard, vers les midi, et toujours sur le sable,
Elle a fait un cône. Bien sûr, comme il se doit,
Je savais qu’un sorbet lui serait agréable.

Vers six heures du soir, d’un air malicieux,
Son index a tracé deux couteaux et fourchettes.
Là, c’était vraiment un choix très judicieux.
Au resto, aussitôt ! Pas besoin d’interprètes…

A la fin du repas, dessinant sur la nappe,
Elle a croqué un lit, joignant en complément,
La table de chevet… c’est là que tout dérape :
Comment elle a su mon job dans l’ameublement ???"


ANDRÉ


PROJET

C’est le petit Toto qui rentre de l’école,
Il court vers son grand père assis dans le fauteuil,
Et qui fume sa pipe en dégustant sa gnole.
Celui-ci lui réserve un plus charmant accueil.

Il le prend dans ses bras, comme il le fait toujours.
« Alors mon garnement, qu’est-ce que tu racontes ? »
Mais Toto, brusquement, pas dans son meilleur jour,
Lui arrache sa pipe avec ses deux mains promptes.

Le papi consterné, est outré par ce geste.
« Mais que t’arrive-t-il, tu es devenu fou ?
Tu devais avoir honte, et là je te déteste ;
Explique-moi pourquoi ta fureur tout à coup ? »


« Mais faut pas m’en vouloir, moi je n’y suis pour rien ;
C’est papa et maman, ce matin, je t’assure,
Qui ont dit tous les deux, lors de leur entretien :
Quand le vieux cassera sa pipe, je te jure,
Nous nous achèterons la nouvelle voiture ! »


ANDRÉ


LE ROUTIER BELGE

Un routier belge arrive avec son camion
À l’entrée d’un tunnel dont il lit la pancarte ;
La hauteur limitée est sans confusion :
« Quatre mètres », pas plus… ce n’est pas de la tarte,

Car sa semi-remorque a quatre mètre dix.
Il ne peut pas passer, aussitôt il s’arrête.
Un deuxième routier, transportant du maïs,
S’approche près de lui, entame la causette :

« Qu’est qui ne va pas ; pourquoi tu bloques ici ? »
Et l’autre lui répond tout en montrant l’enseigne :
« Le tunnel est trop bas par rapport au châssis ;
Dix centimètres en plus et j’aurais dit : tout baigne ! »


« Mais c’est simple, pourtant, tu dégonfles tes pneus
Et tu passes d’emblée, cette affaire est conclue ! »

Le belge réfléchit au propos épineux…
(Ca prend un certain temps avant qu’il l’évalue.

« Pas bête ton idée, ça serait même extra,
Mais c’est en haut que ça ne pass’ pas, pas en bas ! »


ANDRÉ


LE FLAMBEUR

Sur le coup, environ, d’une heure du matin,
L’invétéré fêtard rentre à son domicile,
Tout à fait ivre à point, le regard incertain.
Il jette au bas du lit sa femme et dit, fébrile :

« Allez ! fais ta valise et file chez Bernard,
Au poker, cette nuit, tu sais, je t’ai jouée,
Et bien sur j’ai perdu »
, ajoute-t-il, hagard.
Sa moitié le regarde et, la gorge nouée,

En chemise de nuit, triste, assise par terre,
Sanglote, puis s’adresse à son cruel mari :
« Mais c’est extravagant ! cette histoire m’atterre ;
Comment as-tu pu faire un semblable pari ? »


Et Bruno de répondre, un sourire affiché :
« Je peux te l’avouer, j’ai juste un peu triché ! »
ANDRÉ


LE GIGOLO

Dans un salon très chic une superbe femme
Danse un slow langoureux avec un gigolo ;
C’est la soirée Jet-set : rien que du haut de gamme !
La dame, ouvertement, drague avec grand culot.

« Que pensez-vous, mon cher, au sujet de ma robe,
Le décolleté n’est-il pas trop prononcé ? »

Le play-boy pas du genre à quérir dans le probe
La détaille et lui dit sur un ton bien troussé :

« Avez-vous, chère amie, des poils sur la poitrine ? »
Bien sûr que non, monsieur, le propos me confond !
– « Alors c’est bien cela », avoue-t-il voix, coquine,
« Votre décolleté sans doute est trop profond ! »


ANDRÉ


LE NAIN, LA FEMME ET LE VRP

C’est un VRP qui rentre un peu plus tôt
Qu’il ne l’avait prévu à son cher domicile ;
Sa surprise est de taille en voyant un nabot
Batifoler au lit, et avec sa Lucile.

Comme il aime sa femme, il freine le propos :
« Mais enfin, ma chérie, où est donc ta promesse ?
Tu m’avais dit : Jojo ce n’est pas d’aussitôt
Que je te tromperai, tu vois je le confesse ! »


Et tandis que le nain au lit se fait petit,
La Lucile répond dans un élan de glose,
Non décontenancée, le verbe garanti :
« Ben, tu vois mon chouchou, je diminue la dose ! »

ANDRÉ


CINQ FRUITS, CINQ LEGUMES PAR JOUR…

Il faut manger cinq fruits, cinq légumes par jour,
Un gage de santé pas pour toutes les bourses ;
Ces quelques arguments ont plus contre que pour,
Car beaucoup d’entre nous n’en n’ont pas les ressources.

« L’oseille » est bien le fon qui nous manque le plus ;
La « fin des haricots » est début de calvaire,
Si quelques placements font « choux-blanc », sans bonus,
Les « radis », on le sait, sont le nerf de la guerre.

Pour certains « la cerise » ajoutée au gâteau,
A prendre un « avocat » peut même les conduire,
Tant ils sont endettés, acculés au poteau,
Que ramener leur « fraise » en chasse tout sourire.

Voir ses économies « mi-figue » « mi-raisin »
Après tant de labeur, travaillant pour des « prunes »,
Amène la question qui rend un peu zinzin :
Qui est le « cornichon » qui a besoin de thunes,

Sinon, en pareil cas, toujours les mêmes « poires »,
« Bananées » et « marrons », pressées comme un « citron »…
C’est « ma pomme » diront ceux qui dans leurs déboires
Fantasment au salaire, et manquent de pognon.

Mais nos « grosses légumes », eux, conservent la « pêche »,
Débitant leur « salade » et nous donnant conseil,
Puisqu’aux petits « oignons » et jamais dans la dèche,
Ils dépensent leur « blé » à nul autre pareil.

ANDRÉ


CONGRÉS FÉMINISTE

Au Congrès féministe on y prend la parole,
Et Birgitt l’allemande, amorce les débats.
"J’ai dit à mon mari, sans aucun protocole,
« Hans, prépare le dîner, et fait chauffer les plats ! »

Le premier jour, hélas, – et je m’y attendais,
Je n’ai rien vu, pas plus aussi que le deuxième ;
Mais, le troisième jour, enfin, mon grand dadais
A daigné mijoter le repas, tout de même."


Applaudissements ; ovation générale.
Conchita, à son tour, vint aussi témoigner.
"Moi, je suis espagnole, hyper sentimentale ;
J’ai dit à Armando de ne pas s’éloigner.

À partir de demain, tu nettoies la maison !
Je n’ai rien vu, malgré toute mon insistance,
En ces deux premiers jours, mais c’est avec raison
Que mon époux prit acte... et bossa en silence."


Applaudissements ; ovation générale.
C’est au tour d’une afghane, elle veut témoigner.
"Mon nom est Yasmina, ma gêne est optimale ;
J’ai dit à mon mari, sans penser l’indigner :

Mohamed, fainéant, faut-il que je rappelle
Que tu dois repasser le linge de maison ?
Rien vu le premier jour,
timide, ajoute-t-elle,
"Et le second non plus. J’avoue avec raison
Que le troisième jour la vie fut moins cruelle,
J’ai revu de l’œil gauche, après la guérison.


ANDRÉ


LE CURÉ ET LE PASTEUR

Un curé, un pasteur, anciens amis d’enfance,
Décident d’aller boire un verre dans un bar,
Après avoir passé une heure en conférence
Sur l’œcuménisme, dans un bourg savoyard.

Une fois installés, le pasteur agité
S’adresse à son copain, lui dit dans un murmure :
« Oh ! j’ai l’impression que ce n’est fréquenté
que d’homosexuels, à juger leur allure. »


Et, au même moment, pour appuyer le doute,
Un jeune homme s’approche, et va vers le curé.
Il lui fait un clin d’œil, du genre qui envoûte ;
Outré, l’homme d’Eglise en reste sidéré.

Heureusement pour lui, le pasteur se redresse ;
Immédiatement, à l’oreille du gay
Susurre quelques mots… Sitôt l’autre les laisse,
Et retourne au comptoir, marchant d’un pas coquet.

« Grand merci mon ami, Dieu que c’était pénible !
Que lui avez-vous dit, si providentiel ? »

Et le pasteur répond d’une voix impassible :
« Que nous vivions tous deux pleine lune de miel ! »

ANDRÉ


ANNIVERSAIRE DE MARIAGE

Ca se passe à la ferme, et en pleine campagne,
Où deux vieux paysans fêtent leurs quarante ans
D’union, dégustant petits fours et verres de champagne.
Jules dit à Marie, les mots attendrissants :

« Tu te souviens, ma mie, tout au fond dans le pré,
Quand nous faisions l’amour au bord de la rivière ;
Tu t’agrippais toujours à la longue barrière,
Ton beau visage, alors, était tout empourpré ?

Tu sais, la Marie, ce qui me ferait plaisir ?
C’est qu’on refasse ça, comme en notre jeunesse. »

« D’accord, mon gros Julot, revivons ton désir… »
Ils se rendent au champ, et l’œil plein de tendresse.

« Mais bon sang, la Marie, tu bouges encor plus
Qu’il y a quarante sans ! »
Toute pétrifiée,
Elle lui balbutie sur un ton vermoulu :
« Maintenant la barrière est électrifiée !!! »

ANDRÉ


DISCUSSION

Trois femmes, dans un parc, discutent fermement.
La première, une blonde, affirme convaincue :
– « Moi, lorsque mon mari me fait l’amour, dément,
Il va tellement vite en la scène vécue,

Qu’on dirait qu’il se prend pour une Ferrari. »
La rouquine intervient, et dit d’une voix tendre :
– « Le mien, par contre, adore un travail accompli,
Si bien qu’en cet instant vraiment je peux prétendre

Que comme une Rolls-Royce, il est très confortable. »
Et la blonde, à son tour, d’un geste très humain,
Annonce la couleur : « Jojo est imbattable !
Car tel un vieux tacot se démarre à la main ! »

ANDRÉ


L’ANGLAIS ET L’ÉCOSSAIS

Un jeune retraité, écossais d’origine,
Vient de passer un mois chez l’un de ses amis
Copain d’enfance anglais, blanc comme une aspirine,
Mais drôlement sympa, parfaitement bien mis.

Et durant trente jours il vit à ses crochets…
Le séjour terminé, arrivant à la gare,
Ils vont boire, zélés, leurs ultimes pichets,
Dans un proche buffet, allumant leur cigare.

Au moment de payer, l’anglais faisant le geste
Vers son porte-monnaie, l’écossais le retient :
« Ah ! non », s’exclame-t-il, l’empoignant par la veste.
« Depuis un mois entier, choyé au quotidien,

Vous avez tout réglé, étant votre invité.
Maintenant c’est fini. Pour moi ce dernier verre,
C’est sacré, voyez-vous, car j’ai ma dignité. »

Puis il sort de sa poche une pièce et suggère :

« Pour rester équitable, agissons efficace :
On va tirer cela tous deux à pile ou face ! »


ANDRÉ


LE COUPLE (Histoire belge)

Ça se passe en Belgique, et tout près de la route ;
Un couple bruxellois batifole à gogo
À bord de leur voiture, et heureux somme toute,
De cette intimité flattant leur libido.

Après bien des câlins, et puis la bagatelle,
Soudain un policier frappe sur le capot.
Le gars ouvre la vitre et voit qu’on l’interpelle…
L’homme de loi approche et salue à propos :

« Bonjour monsieur ! voyons, que faites-vous ici ? »
- Je fais l’amour, discret, sans déranger personne.
« C’est interdit ici ! » dit-il, ton endurci,
« Il va vous en coûter une amende, une bonne :

Deux cent euros en tout, pour outrage public. »

Puis la femme apparaît, en petite tenue.
- Mais que se passe-t-il, chéri ? pourquoi ce flic ?...
Le policier, surpris, en voyant l’inconnue,

De rajouter sitôt : « En plus vous étiez deux !
C’est donc quatre cents euros ! »
, clame-t-il, tout heureux.

ANDRÉ


LE JEUNE ET LE VIEUX CURÉ

C’est un jeune curé qui accomplit un stage
Chez un très vieux curé. Dans le petit hameau,
Tandis qu’il se promène au centre du village,
Il voit une brunette : un superbe morceau,

Flânant sur le trottoir, et portant minijupe.
Il ne peut résister à la tentation,
Et se dit : « celle-là, tant pis, je m’en occupe ».
Cependant, sa soutane est une obsession

Qui le gêne beaucoup : Dieu ! que c’est inhumain.
A ce même moment, il voit le vieux curé
Faisant de grands gestes en se mordant la main…
Reprenant ses esprits, et fort désemparé,

Il s’en va aussitôt : direction l’église,
Pour confesser son acte auprès du vieil abbé.
Puis, il lui demande que celui-ci lui dise
Pourquoi il lui faisait ce signe bien rôdé,

En se mordant la main de façon si fébrile.
- « Mais enfin », répond-il, « c’est pourtant évident,
Et tu t’es comporté comme un vieil imbécile,
»
Je te disais « Mets ta soutane entre les dents !!! »

ANDRÉ


DES LARMES DE BREUVAGE

Grand illuminateur de notre intelligence,
Comme disait Claudel qui l’avait bien compris,
En professeur de goût le vin délie l’esprit ;
Rendons-lui les honneurs, prêtons-lui allégeance.

Quel vin n’est-il rempli d’un bouquet de soleil ?
Dans sa robe légère il parfume le verre,
Donne du baume au cœur, puisqu’il a tout pour plaire ;
En boissons, aux saveurs, il n’a pas son pareil.

Autant commencer jeune aux bons crus vétillards ;
Le vin est innocent si l’ivrogne est coupable ;
Sans excès, le prisant d’intérêt respectable,
Platon l’a affirmé : c’est le lait des vieillards.

Quand je découvre un vin, je bois du petit lait ;
Rire en le dégustant est larmes de breuvage,
Quand en fin de repas, flanqué d’un bon fromage,
Il titille les sens, mais surtout le palais.

L’emblème de la France, on le sait, est le coq ;
Pour moi le coq-au-vin est plutôt ma bannière,
Je le dis simplement, sans aucune manière,
Et je lève mon verre aux produits du Médoc.

Sur un parking, parfois, quand plongé sur ma carte,
Un quidam veut m’aider, venant à mon secours,
Je lui dis « non monsieur, je connais le parcours,
C’est la carte des vins, avant que je reparte,

Que je consulte ainsi, évitant les bouchons.

ANDRÉ


SE FAIRE ENTENDRE

Les sourds sont décidés à ce qu’on les entende,
Suivis par les muets qui ont haussé le ton.
Faisant la sourde oreille à leur juste demande,
La loi est bien muette, et jamais ne répond.

Devant cet abandon, pris d’une haine aveugle,
On sent la douleur sourde ouïr dans les propos ;
Les non-voyants aussi, que le dépit aveugle,
Eux, n’en croient pas leurs yeux, y voient un vrai fiasco.

ANDRÉ


LE RABAT-JOIE

Un brave homme, benêt, retourne de voyage,
Heureux de retrouver sa tendre épouse, et dit :
- "Dis-moi tout ma chérie, tu as bien été sage,
Tu ne m'as pas trompé jusqu'à ce samedi ?"

- "Mais non mon gros chouchou, je ne suis pas volage,
Sois à fond rassuré : te tromper avec qui ?"

Le type est satisfait, la phrase le soulage,
Et, ni une ni deux, à sa femme applaudit.

Puis, n'y résistant plus, il saute sur Junon,
Et tous deux font l'amour jusqu'à la pâmoison.
Il est le plus heureux, et ne cache sa joie...

Jusqu'à ce qu'un voisin tape, tonitruant,
Sur la cloison et, comme un rabat-joie,
Hurle : "Eh ! bien vous deux, c'est tous les soirs maintenant !"

ANDRÉ


LE HAVANE

En arrivant chez lui un mari voit sa femme
Toute nue dans le lit, et, dans le cendrier,
Un mégot de cigare. Aussitôt il s’enflamme :
« Non de Dieu ! », hurle-t-il le propos guerrier :

« Mais d’où vient cet engin, sinon je fais un drame ? »
Il entend sa compagne alors balbutier :
- Je ne sais pas chéri… pourquoi te soucier,
Je pense que c’est moi… surtout pas d’amalgame !


Alors le gars s’emporte et le regard malsain,
Teinté d’une lueur de courroux assassin,
Lui dit, ton menaçant, la voix pleine de rage :

« Pour la dernière fois, d’où provient ce mégot ? »
De l’armoire une voix apeurée se dégage :
- Il vient de la Havane, il y a le logo !

ANDRÉ


LES VAMPIRES

Je m'en vais vous conter l'histoire de vampires,
Ne manquant ni de sel, ni d'humour un peu noir ;
Si c'est un brin malsain, j'en ai appris de pires,
Veuillez m'en excuser : mon récit recevoir.

L'anecdote commence un soir dans un vieux bar ;
Trois vampires sont là attablés et bavardent,
Tandis que le premier, l'air un peu cabochard,
Commande, sans tarder, aux serveurs qui s'attardent,

Un verre de sang chaud, selon son habitude.
Le second, quant à lui, désire du sang frais,
Coutumier du breuvage, en toute plénitude.
Nos deux stryges festoient, plaisir à peu de frais.

Le dernier, à son tour, demande de l'eau chaude...
Vous vous imaginez la bouille des copains,
Surpris, éberlués, l'allure un peu pataude,
Lui demandant s'il a problème aux intestins.

- "Pas du tout les amis, leur répond le confrère,
J'ai trouvé un tampax et, pour l'occasion,
J'ai pensé que cela ferait sublime affaire
Pour savourer, serein, ma bonne infusion."

ANDRÉ


LA FUITE...

Une femme replète est invitée, au bal,
À danser un tango avec un gars obèse ;
Au milieu de la danse, un pet bien magistral
Lui échappe et, gênée, elle dit, mal à l’aise

Au pansu cavalier, rougissante et troublée :
« Excusez-moi, monsieur, cela m’a échappé,
J’espère que ceci, dont je suis accablée,
Restera entre nous : j'ai un peu dérapé».


– Ben non ! répond le gars devant l’odeur fétide,
Souhaitons de tout cœur que ça va circuler,
Car pour l’instant, mon Dieu, ce n’est pas trop rapide,
Si le bruit fut discret, reste à tout ventiler.

ANDRÉ


INCONVENANT

Un clochard fait la manche à un feu tricolore,
Quand une Mercedes s'arrête à sa hauteur.
Le brave homme s'approche et, voyant qu'on l'ignore,
Frappe à la vitre et dit au pimpant conducteur :

- "N'auriez-vous pas, monsieur, une petite pièce,
Sachez que j'ai très faim, et d'avance merci."

Le chauffeur jette un oeil à sa montre en vitesse,
Et répond : "C'est normal, c'est midi, moi aussi !"

ANDRÉ


GUERRE DES PANCARTES

Le propriétaire d’un fameux restaurant,
Avait comme voisin d’en face son enseigne,
Un salon funéraire. En son tempérament
Bon vivant, plein d’humour, là où le verbe règne,

Il décida, un jour, de faire de l’esprit
Aux frais de ce dernier, notant sur sa pancarte :
« Quoi qu’on dise ou quoi qu’on fasse, avez bien compris
Qu’il vaut mieux être ici devant ma belle carte,

Que d’être en face et où personne n’est pressé »
.
Son voisin, à son tour, subtil et perspicace,
Fit aussi son panneau, tout autant bien pensé :
« Quoi qu’on dise, quoi qu’on voit ou bien quoi qu’on fasse,
Tous ceux qui sont ici viennent toujours d’en face. »


ANDRÉ


AU TÉLÉPHONE

J’ai eu Alphonse Allais hier soir au téléphone :
Un numéro direct venant du Paradis ;
Sa voix était bizarre, il paraissait aphone :
« C’est bien moi, cependant, aussitôt il me dit. »

Sans doute ses amis connaissant sa faiblesse,
Le sachant jamais ivre et jamais dégrisé,
Lui avaient-ils offert, d’une main pécheresse,
Quelques verres d’absinthe et d’alcool anisé.

Selon son habitude, et en bon Hydropathe,
Farceur et cabotin, avec un bel « esprit »,
Adroit me défia d’une colle acrobate,
Bien cocasse et choisie, taillée au bistouri.

Ce Allais helléniste, ou voulait-il aller ?
Il commença ainsi : – « Savez-vous, cher Poète,
Que sept villes d’antan ont dû se quereller,
Se disputant l’honneur d’une longue causette,

Revendiquant le fait d’avoir vu naître Homère ?
Il s’agissait d’Argos, d’Athènes, Colophon,
Mais aussi de Chio, de Rhodes, et, en lisière,
Smyrne et Salamos, dont l’obscur se confond. »
.

- Je regrette, lui dis-je, il n’y en a que sept !...
« Huit ! me cria-t-il, sur un ton qui pérore,
Car la voix populaire attribue au concept
Que la ville d’Alaure, elle aussi s’en honore.
Dirait-on autrement que « l’Homère d’Alaure ? »


ANDRÉ


EURÊKA !

Cocardier et coquin, cocasse quelque part,
Ce drôle de coco, l’esprit quiet, mais cossard,
Et cocu de surcroît, agit en vieux briscard.
Quémandant à quiconque un écu du regard
Quand quelqu’un, quel qu’il soit, s’apitoie au lascar,
Sur le quai, requinqué par l’accueil : part au bar…
Conquis, tout acquis à son cas, buvant son quart
Qu’il trouve exquis quelque part, il crie « Eurêka ! »

Un cocu non cossu boit cul sec, sans tracas.

ANDRÉ


L’INTERVENTION

Un homme pas très bien va chez son médecin ;
Il souffre, au côté gauche, un peu de la poitrine ;
Le toubib l’examine et lui dit, à la fin,
Que son problème, en fait, a pour seule origine

Un gros déplacement de tout son œsophage.
Rien de grave en tout cas, si ce n’est qu’il faudra
Une intervention bénigne pour son âge,
Et que tout ira bien après pour le quadra…

Un mois environ après l’opération,
Le patient va à l’examen de contrôle ;
Il se plaint au toubib d’avoir l’impression
De se sentir très chaud, ce qui le rend tout drôle.

– « C’est tout à fait normal », lui répond son docteur,
Souriant et tentant d’alléger son moral ;
– « Sachez que maintenant vous êtes le porteur
D’un système activant l’oesophage central ! »


ANDRÉ


ÇA CHANGE

Je m’en vais vous conter une bien triste histoire,
Celle de cet agriculteur qui labourait son champ
Depuis bien des années, du matin au couchant.
Ce fut un homme heureux, musclé comme une armoire.

Le monsieur, cependant, dont le faible pour boire
Agaçait sa moitié, critiquant son penchant,
Conduisit celle-ci, puisque lui s’en fichant,
A le quitter un jour, fermeté péremptoire.

Il en fut affecté, restant seul au logis…
N’étant plus secondé, résultat du conflit,
Il vendit le domaine et s’installa en ville.

Il devint vitrier. A ses amis il dit :
- « Avant, avec Agnès, je labourais, habile ;
À présent je "mastique", et ça c’est inédit ! »


ANDRÉ


UN REMPLAÇANT POUR LE COQ ?

Un automobiliste entre très éprouvé
Dans une vieille ferme et dit au paysan :
- "Je suis désolé de ce qui est arrivé,
Car je viens d'écraser votre coq, ce faisant.

Permettez-moi de bien vouloir le remplacer."
- "Si vous voulez", dit le fermier sans pinaillage ;
"C'est facile à trouver : il vous faut traverser,
Les poules sont au fond, derrière le grillage".

ANDRÉ


LE VIEUX MONSIEUR

En maison de repos un journaliste arrive,
Rencontre un vieux monsieur de quatre-vingt-seize ans.
D’emblée il l’interroge, et lui dit complaisant :
« Alors mon brave ami, quel secret pour qu’on vive

Telle longévité ? Une existence active ? »
Le pépé tout heureux, soudain sympathisant,
Ne se fait pas prier, avoue d’un ton plaisant :
- « Ma vie est bien réglée et jamais abusive :

Dès six heures au matin, c’est l’heure du pipi ;
Puis, à sept heures pile, encore un peu flapi,
Je fais caca aussi, c’est devenu la règle ».

Le reporter troublé le questionne alors :
« Ha bon ? Et puis après ? » Et l’autre un peu espiègle :
- « Ensuite je me lève, et fais un tour dehors ! »

ANDRÉ



EXCELLENTE NOUVELLE

Un médecin reçoit une très belle femme,
Un peu désemparée, et du genre agité…
« D’où vous vient cet état ? » dit-il avec bonté ;
« Problème conjugal… ? J’écoute chère dame. »

- « Eh bien voilà docteur, ma conduite est infâme ;
Quand dans la rue je marche et passe à mon côté
Un homme séduisant, au regard culotté,
Je ressens un désir qui obsède mon âme

De lui faire l’amour… je vous en prie, docteur,
Soyez franc avec moi » - dit-elle avec candeur :
« Cela a-t-il un nom ? Et comment ça s’appelle ? - »

« Bien sûr mademoiselle », avoue le médecin,
« Ceci se nomme aussi excellente nouvelle ! »,
Répond-il dégrafant sa ceinture à dessein.

ANDRÉ



POUR VIVRE HEUREUX…

Dans un village Corse, au sud de Bocognano,
Le tout jeune Doumé demande à son grand-père :
« Dis, Pépé, toi tu sais sûrement comment faire
Pour toujours être heureux, vivre comme un jeunot ? »

Toussaint est jovial, son verre de Pernod
Sur la table, à côté, qui lui sert de repaire.
À quatre vingt dix ans, le papy exemplaire,
Répond au petit-fils qui l’écoute, penaud.

« Fiston ! », s’exclame-t-il, la voix un peu tremblante,
Convaincant, néanmoins, pour répondre à l’attente :
« Il faut, pour être heureux, la santé, le travail ».

- « Et tu as eu tout çà, toi Pépé, dans ta vie ? » –
« Moi, la santé est bonne et cela fait un bail,
Car Mémé très active en besogne a servie ! »

ANDRÉ



LA PRIÈRE

Le soir, à la sortie d’un cours de catéchisme,
Monsieur le curé croise Urbain dans le couloir ;
Il s’approche de lui, regard chargé d’espoir :
- « Alors mon cher petit », dit-il plein d’optimisme,

« Ta maman, il paraît, avec grand stoïcisme,
Avant de s’endormir, dit pour toi, chaque soir,
Une belle prière ; aussi puis-je savoir
Quels sont ces mots d’amour, pleins de foi et d’altruisme ? »

« Oh ! monsieur le curé, chaque fois c’est pareil,
Maman incessamment, juste avant son sommeil,
Répète mille fois la même litanie :

- Ouf ! grand merci mon Dieu, il est enfin au lit ! »
Le curé soudain pris d’une étrange aphonie,
Balbutie : « Ah ! Seigneur », prenant un air contrit.

ANDRÉ



LA GRENADE

L’histoire se situe tout près d’un trou (normand).
Un père et puis son fils bêchent au potager,
Lorsque soudain l’outil du gamin performant,
Heurte un objet très dur qu’il vient de dégager.

– « Nom de Dieu ! » dit le père au comble de la peur,
« Mais c’est une grenade : elle est dégoupillée ! »
Il arrache l’engin des mains de son mineur,
Et le balance au loin au fond de la feuillée,

Tout près du vieux waters à moitié délabré.
Juste un moment après, sortant dans la fumée,
Grand-mère titubant, le visage empourpré,
S’écrie : « Ben cré vin diou ! » (complètement paumée),

« Jamais un de mes pets n’a fait tant de dégât,
J’aurais pu le lâcher au salon celui-là ! »

ANDRÉ



LE BÈGUE ET LE BOSSU

Un bègue et un bossu vont chez le photographe.
– Hé ! fais attention de ne pas bégayer,
Sans quoi notre photo sera floue, hein ? pas de blague !
– Et toi tu tu ferais bien de dé dé d’essayer
De rentrer ta bo bosse au ma ma maximum,
Sinon on ne pourra plus fer fermer l’album !

ANDRÉ



DANS LE BUS

Dans le bus deux messieurs sont assis côte à côte,
Quand, soudain, l’un émet un beau rot bien bruyant.
Quinze secondes après, l’autre, pour l’anecdote,
Lâche un pet magistral du genre foudroyant.
Et, sans se démonter, il lance, maestro :
« Le même, cher monsieur, celui-là vu de dos ! »

ANDRÉ



LES SARDINES ET LES PETITS POIS

Une dame âgée de près de quatre vingts ans,
Arrive au Tribunal pour vol à l’étalage.
Le juge l’interroge et dit à ses dépens :
Qu’avez-vous dérobé, madame, au rayonnage ?

– Pas grand-chose, monsieur, des sardines à l’huile.
Pouvez-vous expliquer les raisons de ce vol ?
– Parce que j’avais faim, c’est pas plus difficile ;
Un vigile m’a vu, et j’ai manqué de bol.

Oui, je vois, dit le juge, on va faire le point :
Pourriez-vous m’indiquer le nombre de sardines
Comptées dans la boite, à une ou deux près au moins ?
– Six, votre Honneur, je m’en suis léché les babines !

Je vous condamne donc à six jours de prison,
Annonce le juge en prononçant la sentence…
Mais le mari se lève et dit non sans raison :
– Elle a aussi volé, maintenant que j’y pense,
Un lot de petits pois encore à la maison.

ANDRÉ



LEADER D’UN JOUR

C’est un bien triste jour pour le monde cycliste,
L’un de leurs est passé de la vie à trépas.
Suivant le corbillard, toute la foule est triste
Tant chacun des coureurs trouvait le gars sympa.

Le directeur sportif, ainsi que le soigneur
Prennent part au cortège, et l’un des deux murmure :
– Ah ! le pauvre garçon c’est vraiment un malheur,
Pour une fois qu’il est en tête il n’en a cure…

Oui, et en plus, répond l’autre, ajoutant éprouvé :
C’est une performance après avoir crevé !

ANDRÉ



SOUS LA DOUCHE

Trois belges, après le match, profitent d’une douche,
Quand l’un d’eux crie soudain, encore ébouriffé :
– Passez-moi le shampoing pour que je le débouche.
Mais Niels, tu en as un au-dessus du buffet !
– Je sais, mais celui-là est pour les cheveux secs,
Et les miens sont mouillés… je sais lire, les mecs !

ANDRÉ



LES POULETS

- « Allo, commissariat ? » ; Oui monsieur, on écoute ».
- « Voilà, j’ai écrasé deux poulets sur la route ».
- « Rien de grave monsieur, c’est la fatalité ;
Jetez-les simplement sur votre bas-côté ».
- « Bien, je vous remercie… encore une p’tite chose ? »
Et l’interlocuteur déclare ipso-facto :
- « Venons-en au concret, je fais quoi des motos ? »

ANDRÉ



CREVAISON

Un bonhomme ennuyé va chez son garagiste :
- « Pourriez-vous réparer ma roue rapidement ? »
- « C’est faisable », dit-il à l’automobiliste,
Mais comment avez-vous fait pour crever violemment ? »

- « Une ignoble bouteille… et j’ai roulé dessus ;
Je n’ai pu l’éviter, et je me le reproche…
- « Vous ne l’aviez pas vue ? » Et l’autre dit confus :
- « Ben non, puisque le gars la tenait dans sa poche ».

ANDRÉ



LES CACAHUETES

Un jeune garçon rend visite à sa grand’mère ;
Il est en compagnie de son meilleur copain.
Comme le petit fils parle à l’octogénaire,
L’autre n’arrête pas, en parfait galopin,

De taper dans le bol plein de cacahuètes…
Au moment de partir, le collègue gavé
Remercie la grand-mère : « Elles étaient parfaites,
Aussi, vous voyez, je ne m’en suis pas privé ».

- « Vous avez eu raison, vous savez, à mon âge »,
Lui dit-elle aussitôt, avec un brin d’humour,
« Je ne peux plus croquer, cela est bien dommage ;
Je ne peux que sucer le chocolat autour. »

ANDRÉ



© SDGL - Échos Poétiques 2009.