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SONNET SANS « A »

Coquelicots, iris, dispensent leurs couleurs,
Près de ces longs sentiers d’essences différentes,
Lorsque les rouges-queues, des tiges émergentes,
S’envolent près de moi et des bouquets en fleurs.

Leurs pépiements discrets deviennent enjôleurs ;
Se multiplient en des mélodies truculentes,
Dont mes sens en éveil en voluptés décentes,
Goûtent secrètement les sons ensorceleurs.

L’horizon lumineux que le printemps épouse,
Sou un vent très léger de pelouse en pelouse,
Courtise, séducteur – murmure quiescent.

Que de joie, de bonheur, et bien de poésie ;
Tout se réveille, vibre et, bien munificent,
Sous l’empyrée coquet : m’invite en courtoisie.


SONNET SANS « U »

Dans les ocres, le soir, la vallée indistincte,
Paraît secrètement se fondre à l’horizon,
Et les prés assombris tapissent le gazon,
Dont les champs infinis portent la riche empreinte.

C’est l’instant recherché, dense de demi-teinte ;
L’ombre lente noyant l’amène inter-saison,
Semble endormir la vie parmi la frondaison ;
Le silence chargeant l’air frais de son empreinte.

Je marche émerveillé, le regard attentif ;
Je marrie mon bien-être à l’imaginatif ;
La campagne est peignée des blandices de l’âme.

Sybarite et bénin, je m’invite en secret
A partager la paix dont mon ego se pâme,
Et je me fais alors poète bien discret.


DANS LES MATINS GRISANTS

SONNET SANS « O » et SANS « U »

J’ai gravi ce sentier, marchant émerveillé,
Regards pétris de charme et de tendre allégresse,
Dans les matins grisants, matins chargés d’ivresse,
Parmi le thym épais, si bien éparpillé.

Le silence en répand ce vert estampillé
Des grands pins s’élevant dans l’infinie sagesse,
Amènes, dédiant l’essence enchanteresse,
Ayant le Garlaban, de prestige habillé.

Peintre paysagiste empressé d’agrément,
Je vis d’identité, et j’ai le sentiment
De saisie impalpable en cet instant de grâce.

Le printemps est paisible, et à jamais galant ;
Ma Lyre interprétant ce charme étincelant,
Inspiré, cristallin, s’égaillant dans l’espace.


SONNET SANS « U »

L’idée est agréable et fort divertissante,
Et son entraînement reste récréatif ;
J’ai cédé à l’appel, y étant réceptif,
Malgré cette contrainte ô combien oppressante.

Si le terme est savant, la forme intéressante,
Le lipogramme force à rester attentif ;
Versifié, il est d’esprit très créatif,
Fin divertissement, image saisissante.

S’obliger à dessein ce choix de l’option,
La voyelle étant le corps de l’obsession,
Devient charmant défi, parfaite fantaisie.

Gloire à ces agréments, à la réflexion
Motivant clairvoyance, en mémoire saisie
Par notre habileté, notre perception.


SONNET SANS « A »

PENSÉE POÉTIQUE

Les sons mélodieux d’un poème d’époque
Nous procurent douceur, légèreté des mots ;
Style pur, dépouillé, désuet qui évoque
Précis et formulé : splendeurs ! nuls quiproquos !

Le mètre régulier s’expose, et rien ne bloque
Des vers dont notre oreille, en ces concertinos,
Juge l’expérience et ce qu’elle provoque,
Lorsque l’esprit est roi, les poètes non sots.

Bergerie, bouts-rimés, sonnet ou bien rondel,
Elégie épopée, poème sensuel ;
Formes fixes ornées de glorieuse rimes…

Poésie et pensée bercent le mouvement ;
Si le fond doit se fondre en désirs légitimes,
Nulle gêne ne doit l’encombrer décemment.


© SDGL-Échos Poétiques. 2010.