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LE PRINTEMPS DU POETE

Les garrigues, en mai, épandent leurs essences,
Mêlées de miel léger au velours des couleurs ;
Les oiseaux, au maquis, trillent douces romances
Aux soupirs éthérés des brins d’air sur les fleurs.

Dans les jardins fleuris les couronnes de roses,
Blanches, jaunes, carmin à côté des lilas,
Dressent en majesté hampes d’apothéoses,
Offrant l’orgueil naissant tout près des pergolas.

La nature s’habille au baiser du printemps ;
Les gazons reposés, près des sources sereines,
Dessinent des tapis au soyeux éclatant,
Où les beaux papillons en ont fait leurs domaines.

Le poète envoûté, dans le silence chaud,
Peut ouvrir son carnet aux rayons de lumière,
Et, d’un sourire en fleur, assis sous l’arbrisseau,
Ecrire en vers feutrés pour la rose trémière.


ARS LONGA, VITA BREVIS*


Plaisons à notre époque, à la postérité....
Attendre un siècle ou deux : qu'importe l'intervalle ; Laissons à l'avenir notre Immortalité... ?
Nous ne serons plus là, mais qui sait, sous la dalle,

Nous réjouirons-nous que le Temps dédicace
Quelques aspects plaisants en notre souvenir ;
Jugés par nos neveux, mais bien par contumace,
Puisque seuls nos esprits pourront nous prévenir.

Frères en poésie, plaidons cause commune,
Car si notre folie aux codes du rimeur
Peut ainsi récolter, plus tard, quelque fortune,
C'est dans l'esprit de corps et dans la bonne humeur

Que nous devons oeuvrer pour notre passion.
Rêvons en solitude et unis par la plume,
Même à contre-courant, dans la création :
Le poète est mortel, sa science l'exhume.

Prions, mes chers amis, que la Muse posthume
Ne soit pas enterrée comme sera l’auteur,
Sachant que, très souvent, puisque c’est la coutume,
Si l’on est reconnu ce n’est que du Seigneur.

Si la postérité rend l’honneur qui est dû,
Quelle vienne là-haut frapper à notre porte ;
En notre Paradis nous aurons attendu
Non rongés par nos vers, et qu'un l’espoir colporte.

*L'art est long, la vie est courte.


LUMIERE

Trouver au gré des jours le souffle de la vie,
Un instant de fraîcheur, un sourire, un clin d’œil,
Et au vent de l’amour glaner la mélodie
Qui rythme, sensuel, son ineffable accueil.

Avec les yeux de l’âme, aux richesses du cœur,
Cheminer au profit de l’essence profonde,
Explorer tendrement les portes du bonheur,
Pour qu’un soleil latent s’y révèle et s’y fonde…

Vers la fuite du Temps, et son humeur câline,
Pèlerin de la vie, au chant d’humanité,
Toutes les fleurs du monde, en grâce cristalline,
Seront roses de soie et de complicité.

La richesse de l’âme observant l’essentiel
D’un parcours engrangeant les voix de la sagesse,
Par un acte de foi, autant que sensoriel,
Au jardin des saveurs nous offrira l’ivresse.

Dieu qui me fit humain fait que l’instant qui passe
M’accorde sa lumière et sa compassion,
Afin que mon voyage au jardin que j’embrasse,
Soit tout de poésie et de conviction.


PARALLELISME

Ainsi pour la peinture ou pour la poésie,
Faut-il choisir les fleurs composant les bouquets ;
Un ordre de mérite à saveur d’ambroisie,
Nourri de vifs parfums, de parements coquets.

Armorier la rime est un pèlerinage ;
Mettre force et grandeur sur la toile s’instruit,
Religieusement, d’une grâce en partage,
Dont l’essence est l’amour, la beauté : l’usufruit.

Le primat exclusif au critère métrique
Est l’imitation d’un style harmonieux,
Apanage du rythme, et ou le mélodique
Met l’accent de velours aux vers prestigieux.

Le peintre a liberté pour les tons et le thème ;
Dans le raffinement, aux nuances retient
Selon que son pinceau aux couleurs voit le schème,
Les aspects satinés pour l’art qu’il entretient.

Image et poésie ont l’occulte auréole
D’émouvoir, de séduire et de nous dévoiler,
Un désir de rêver, d’exprimer le symbole
De l’union des sens, et de les consteller.


NULLA DIES SINE LINEA*

La source poétique est une eau de jouvence ;
Un miroir reflétant une onde jaillissant
D'un océan de verve, et teintée de romance,
Où s'attarde une Muse au regard caressant.

Quiconque en ce griffon en contemple son aire,
Est courtisé au charme et à l'harmonieux,
Subit son influence, au lyrisme libère
Son inspiration, plaisir majestueux.

Laisse-moi voir Clio, au travers de tes voiles,
L'intime radiance en mon fervent désir,
Afin de recueillir ce que tu me dévoiles,
Et que ta faveur, seule, en puisse me saisir.

Je ne suis qu'un poète, un preux coureur des mots ;
Ce siècle devient sourd à l'écho de la lyre ;
Jouer avec les mots devient un jeu de maux,
Car la plume, aujourd'hui, n'est plus plaisir de lire.

* Pas un mot sans une ligne.


IN MEDIAS RES*

Au secret de mes vers où rime la nature,
Au concert des oiseaux, au parfum des lilas,
Aux massifs satinés qui chantent leur parure,
Pèlerin, j’apprécie leurs plaisants corrélats.

Un vent léger s’enfuit de l’aval à l’amont,
Comme un couronnement de la magnificence,
Où le vert est léger, s’étend au pied d’un mont,
En une symphonie de charme et d’élégance.

Un lacis bleuissant de sapins enveloppe
L’horizon où le sol et la nue épousés,
Libèrent la vapeur, ténue, et qui achoppe
Dans le creux du vallon et ses écrins boisés.

Dans la chaleur naissante où s’éblouit le jour,
Je mesure l’ampleur de ce fragile empire ;
L’innombrable murmure est un bruit de velours
Dans le frisson du breuil qu’un poème soupire.

* Au milieu des choses.


NUIT DE NOËL

Cette nuit nous irons au-delà de nos rêves,
Tandis qu’en la forêt les sapins enneigés,
Leurs aiguilles lactées, figées comme des glaives,
Se dressent vers un ciel de flocons argentés.

En cet espoir muet de l’Elévation,
L’hostie et le calice ont l’âme du poète ;
Grandiose est la Foi, et la compassion
Unit tous les chrétiens en une même quête.

C’est Noël, ici-bas, que minuit prophétise :
Un signal généreux chargé de rituel,
Et Jésus distribue le bonheur qu’il baptise,
Aux fidèles priant dans l’élan cultuel.

La parole sacrée, à l’instant, a pris Corps,
Couronnée d’une aura d’amour, de tolérance,
Tandis que tous unis près de l’ostensoir d’or,
Apprécient le moment, partageant leur croyance.


NATIVITÉ

Les sapins, dans la nuit, se parent de blancheur,
Quand les flocons serrés enveloppent leurs branches,
Dont la robe feutrée, au velours de fraîcheur,
Fixe ses fins cristaux de broderies étanches.

C’est la Nativité et son Divin cortège ;
Que de dévotion et de hautes ferveurs,
Tandis qu’en la chapelle une chorale arpège
Un chant grégorien dispensé par les chœurs.

À chaque cheminée : des jouets, des cadeaux,
Attendent les enfants qui, d’un sommeil paisible,
Rêvent de féeries, assorties de rondeaux
Apaisants d’harmonie, où tout devient possible.

Le matin sera long dans la blanche bourgade ;
Partout, dans les maisons, la générosité,
L’amour, la foi, la joie, danseront une aubade,
Au Roi Prophète élu, et l’âme en charité.


BELLE NUIT DE NOËL

Belle nuit de Noël faite de miel d’amour,
Où les arbres courbés, que butine la neige
Chargeant leurs grands rameaux d’un manteau bien trop lourd,
Semblent se recueillir en un figé cortège.

Dans le ciel éthéré, nimbé d’un flot d’étoiles
Sublimant l’atmosphère en paillettes d’argent,
La parure est mystique, et, comme mille toiles,
Y découvre sa fresque au regard obligeant.

Là-bas, sous le borée, résonnent au hameau
Les douze coups divins au timbre de promesse,
Dont l’écho, dans la grâce, augure au renouveau,
Annonçant le Seigneur dans la foi de la messe.

De gros flocons d’argent parent sapins et hêtres ;
Dans l’air vif j’aperçois le vieux beffroi ombreux ;
L’hiver me paraît doux et, aux fraîcheurs champêtres,
Religieusement, mon cœur est amoureux.

Belle nuit de Noël au dessein clairvoyant,
L’enfant Jésus est né, l’altruisme est son emblème ;
L’esprit y voit la joie ; le credo du croyant
N’a pour égal plaisir que vivre l’instant même.


LA GROTTE AUX ÉTOILES

Au regard s'apprécient mille et une merveilles,
Où l'on peut admirer un spectacle étonnant ;
Tout n'est que féerie : galeries sans pareilles
Se parant d'un trésor, splendide et scintillant.

Les grottes de Maxange, ou la grotte aux étoiles
Mérite bien ce nom : site d'exception ;
Tant de magnificence en fait comme les toiles
Des tableaux recherchés : quelle admiration !

Cavités et avens, rivières souterraines,
Stalagmites, cristaux, voyage dans le Temps ;
Histoire, préhistoire et voûtes mitoyennes :
Les âges ont sculpté des reliefs déroutants,

Théâtre saisissant, précieux sanctuaires,
Où les chasseurs-cueilleurs ont si longtemps vécu...
Un fabuleux voyage en les fossilifères
Et les griffures d'ours : séculaire invaincu.

On entre dans le coeur d'un lieu du fond des âges ;
Vitrine de calcite au Magdalénien ;
Oppressé au parcours de ces secrets voyages,
Revivant cent mille ans, un peu ... historien.


LA DORDOGNE

Citadin, curieux du plaisir oculaire,
Je viens goûter les tons des cours d’eau, des bosquets ;
Splendeurs de l’imprévu grisant l’itinéraire
Où s’en vont les pensées vers des parcours coquets.

Mais il me plait aussi, au centre de Sarlat,
Là où la vieille ville aux rues chargées d’histoire
Se décline aux splendeurs, et se pare d’éclat
Aux murs moyenâgeux, convier ma mémoire.

Patrie d’un grand poète en de La Boétie,
Dont la demeure arbore un lustre d’Art au Temps,
Et dont l’architecture, exquise, s’apprécie,
Vestige saisissant, au fronton envoûtant.

Terrasses ombragées, combes brodées de prés,
Sentes entrecoupées d’abondantes hêtraies,
Et sous-bois tapissés de fragons diaprés,
Le paysage est peint en nuances feutrées.

Châteaux de Castelnaud, de Losse, de Commarque,
De Bourdeilles, Biron, et bien d’autres encor ;
Forteresses aux toits en lauze qu’on remarque,
Flanquées de hautes tours, caressant le décor.

Aux chemins gazonnés, prairies, bois et étangs,
Se marient aux coteaux charpentés de calcaire,
Où l’eau y a moulé des ourlets exaltants,
Témoins perpétuels de l’ère tertiaire.

Grottes, gouffres, avens, rivières souterraines,
Galeries, draperies parsemées de cristaux,
En Périgord, sculptées, les fresques souveraines,
Offrent cette alchimie des mondes abyssaux.

Parcs de la préhistoire et d’archéologie :
Outils d’os, de silex, où nous lointains aïeux,
Aux temps solutréens ont laissé leur magie,
La méditation fait place au merveilleux.

La Vénus de Sireuil et celle de Tursac,
Près du Roc de Cazelle en sont le témoignage ;
En vallée de Vézère, et d’adret à l’ubac,
J’ai vécu, transporté, l’heureux pèlerinage.


PÉRIGORD NOIR

L’envoûtant se dévoile en le Périgord noir,
Dont Sarlat, le joyau, ville d’Art et d’Histoire,
Revêt tout son relief, son folklore notoire,
Des vergers d’Éyrignac à Lascaux, son miroir.

La grotte du Grand roc – abri préhistorique -,
Paraît y défier les onguents du passé,
Tandis que ses châteaux déclinent l’authentique,
Vigies d’un Moyen-Âge au charisme exercé.

Les Jardins suspendus qui jouxtent Marqueyssac,
Pénétrés de soleil, de sons et de lumière,
Comme les environs, et jusqu’à Salignac,
Semblent estampillés d’une faveur princière.

Au pays des forêts et des grandes bastides,
Les villages de pierre à fleur des grands cours d’eau,
Offrent aux visiteurs ses parcs secrets, splendides,
Que franchit la Dordogne, glorieuse en cadeau.


VÉNUSTÉ

Le murmure de l’eau, paradis séculaire,
S’infiltrant aux jardins constellés de parfums,
Enflamme tous mes sens qui ont l’heur de me plaire,
Quand, près du buffet d’eau, j’en essuie les embruns.

Le poudrin délicat courtise mon visage,
Comme épanchant vers moi sa générosité ;
Je m’attarde à dessein devant le paysage :
Nature ! je m’émeus dans la placidité.

Sur l’océan d’amour, en offrande première,
Caressé de soleil, mon cœur se gorge d’or
Quand j’observe, à la haie, une rose trémière,
Tandis que les oiseaux trillent aux boutons-d’or.

Que de matins mes yeux ont goûté au délice
De ce havre de paix aux sentiers arborés,
Dans la suavité de mon ego complice,
Épousant les atours sans doute exagérés.

Mais cette promenade, où le bonheur abonde,
Comme une main tendue, m’invite, en grand secret,
À l’environnement familier qui me sonde,
Et devine, en mon front, un allié discret.


REGARDS…

Dans le gémissement de l’aquilon qui passe,
Endeuillant la ramée au feuillage jauni,
L’automne souffle un vent comme la dédicace
Griffant le paysage en l’instant démuni.

Immense cicatrice imprimant son entaille,
Le bois persécuté, lacéré au frimas,
Essuie comme un baiser perfide qui l’entaille,
La rigueur qui s’impose au rythme du climat.

Les brises chanteront dolentes mélopées,
Comme un écho de lyre au bosquet qui gémit ;
Se faufilant, sans trêve, aux cimes escarpées
Qui s’offrent aux couloirs du rustique endormi…

Le ciel devient sublime et peint au crépuscule,
Un sillage éclatant nimbé de gaze d’or ;
Murmures et frissons, en leur conciliabule,
Se marient au hallier qui, prosterné, s’endort.

L’angélus, longuement, tinte en la solitude,
Pieusement berçant mes songes congruents ;
La nuit est pastorale, invite à la quiétude :
Et mon regard d’amour a les yeux courtisans.


LA MAIN DU POÈTE

Quand le mot vient du coeur, la rime en est légère,
Et moissonne le vers dans un champ de quatrains,
Labourés par la grâce, en douceur printanière,
Pour récolter le fruit, chargé d'alexandrins.

Donner au Verbe une âme, au son la mélodie,
C'est peindre en poésie, c'est colorer les jours,
De fils d'or et d'argent que la vie irradie,
Dans un élan d'esprit aux tropes de velours.

Au rythme impérieux de l'idée, de la forme,
Naissent les sentiments les plus fondamentaux,
Guidés par une main que le cerveau informe,
Exquise émotion, ourlée de fins cristaux.
Philosopher en vers, ou n'être que poète,
Dans l'incantation des plaisirs affectifs
En quête de beauté, l'affinité complète
Aux habits musicaux nos mètres intuitifs.


LE VISAGE POÉTIQUE

Le poète, en sa plume, a la riche licence
D’exploiter au français des codes enrichis,
Dont la forme répond à sa seule exigence,
Les aspects de ses mots pouvant être infléchis.

Laissons à nos écrits toute la latitude
D’exprimer cette envie qu’en échappant aux mots,
L’esprit nous donne accès, dans la sollicitude,
À quelques heureux vers nés de nos jeux floraux.

La liberté du verbe est licence des règles
Quand l’initiative y trouve l’attribut ;
Et, de ce privilège aux structures espiègles,
Naissent des mètres gais, mais jamais un rébus.

Ne soyons pointilleux que pour la poétique ;
Donnons dans le principe aussi pour nous moquer,
Sans trop exagérer, et, dans la rhétorique,
Restons dans le discours, sans trop alambiquer.

Nos rêves, nos idées, l’harmonie de la rime,
Doivent nous diriger au divertissement ;
Soyons spirituels pour que l’esprit imprime
L’Art, l’émotion, dans le verbe charmant.

Ne cherchons pas, amis, l’apparence impossible,
Ou bien l’acrobatie, mais la simplicité :
La rime est tout le vers : qu’elle soit accessible,
Pour sculpter le plaisir en tout humilité.


TOUT PRÉS DU BORD DE MER.

Aux portes de la nuit brillent les sémaphores
Entourés par les flots et caprice des vents,
Dans les eaux profondes gisent quelques amphores
Témoins intemporels et toujours survivants.

Éblouissants esquifs emportés sur les vagues
Quelques voiliers encor se dirigent au port,
Et poussés par la brise on les voit qui zigzaguent
Formant à l’horizon un bien joli décor.

Dans le ciel se profile un noble goéland ;
La lune resplendit, se reflète dans l’onde ;
L’étoile du berger brille en arrière plan,
Tel un œil bienveillant, observant le bas monde.

Tout près du bord de mer où expire la houle,
Le clapotis de l’eau devient un bruit discret,
Son écho familier vers le large refoule
Une vague légère emportée en secret.


LE VOYAGEUR DU TEMPS.

À l'horloge du Temps, contre les ans qui passent,
J'ai donné rendez-vous au futur antérieur ;
J'aurai pris de la vie les souvenirs fugaces,
Conjuguant ces moments au présent : relayeur.

Voyager dans le temps ? Obscur trait d’union :
À une extrémité on rejoint la mémoire,
Au côté opposé : l'interrogation...
Entre les deux, pourtant, laquelle il vaut mieux croire ?

Souvent se télescope, en mon entendement,
Cette pensée chargée, rare et subliminaire,
Quand je parcours le Temps, en devient son amant,
De savoir si le charme est mon imaginaire,

Ou si l'imaginé appartient au réel ?...
Je chevauche les ans, j'explore un peu l'Histoire,
Touchant l'immatériel qui n'est jamais cruel ;
Mon esprit apaisé repère un exutoire.


LE PAYS TOY

La vallée de Héas, ses cirques, ses canyons,
Nés des anciens glaciers, plusieurs fois millénaires,
Éveillent mes regards dès les premiers rayons
Du soleil généreux que les cimes vénèrent.

Les pics de la Munia, du Gerbats, de Troumouse,
Crénellent l'horizon de couloirs escarpés,
Dont traversent souvent dans le ciel, leur pelouse,
Vautours fauves, chocards aux nuées, échappés.

Parmi le chardon bleu et le rhododendron,
Plus bas, où les troupeaux fréquentent la pelouse,
Je note la présence, et je penche mon front,
Quand surgit à mes pas le nard que l'oeil épouse.
J'enveloppe mes sens à la splendeur du site,
Mesurant la grandeur des plateaux fascinants ;
Je me laisse guider, et mon coeur plébiscite
En mon vaste trajet, ces hauts-lieux avenants.


HIVERNALE

Les sommets s’érigent en vastes solitudes,
Visages naturels de longs plateaux déserts,
Et de monts acérés qui flirtent en altitude
Avec les grands glaciers sous un climat d’hiver.

Nuages clairsemés, colorés par l’aurore,
S’essaimant dans les airs, dispersés par les vents,
Venant se déchirer en nappes que déflore
Des pitons conquérants vers les cieux s’élevant.

Quelques flocons, déjà, habillent les hauteurs
D’un pudique manteau qui s’étire, fragile,
Sur la barre rocheuse, et devient le vecteur,
De fière Dame Blanche en ce milieu hostile.

La nature engourdie, est proche du sommeil,
Envahie peu à peu d’une extrême torpeur,
Où sous un ciel très bas, appauvri de soleil,
Se profile un chamois, émérite grimpeur.


SOUVENIR D'AMOUR

Ta paupière cilla, refoulant une larme,
En ce cœur galant chargé par l’émotion,
Mais ton visage autant en exprime le charme
Pudique au chagrin et en la discrétion.

Aux chemins du hasard nos pas se sont croisés,
Nous avons partagé une courte période,
Où les chants de l’amour avaient poétisé
Ces instants de bonheur : d’une vie l’épisode.

Nos pensées garderont souvenir et tristesse,
Béniront ces instants ô ! combien séduisants ;
J’étais ton paladin, tu étais ma comtesse ;
Nos passions, nos plaisirs étaient sécurisants.

Vint un jour où pourtant tu mis fin à ce rêve,
Tu devais repartir en ton pays lointain ;
Dieu que cette affection eut l’existence brève ;
Que je pose un baiser sur ta joue de satin.

© SDGL - Echos Poétiques. 2005.




AUX PARFUMS D'AUTREFOIS

Que j’aime parcourir ces tortueux sentiers,
Rejoignant des hameaux aux parfums de Provence,
Bordés aux bas-côtés de nombreux églantiers,
Où la vigne s’étend, prospère en abondance.

Le chant du rossignol agrémente mes pas ;
J’aperçois dans les haies des couples de fauvettes,
Tandis que le soleil éclaire les lilas,
Irise quelques plants de menues violettes.

Je marche émerveillé, le regard attentif,
Et m’intéresse à tout du plaisant paysage,
En prise l’esthétique et suis très réceptif
À son charme enivrant, sa nature sauvage.

J’inspire ma mémoire aux odeurs d’autrefois,
Tandis que le chemin derrière moi s’étire,
Et me rappelle alors que je venais, parfois,
Y écrire des vers à l’abri de ma lyre.

© SDGL- Echos Poétiques. 2005.




CONFIDENCES

Que ton charme mutin, ta voix douce et ta grâce
Filtrent en mon cœur le parfum des passions ;
Me procurent l’ivresse et m’accordent l’audace
De fins mots d’amour, pétris d’appréhensions.

Mon regard se nourrit de ta jeune innocence
Et s’enflamme mon âme à tes beaux yeux de jais ;
J’aimerais t’avouer, dans une confidence,
Le fruit de mes désirs que pour l’instant je tais.

Sous cette allée de pins, dans notre promenade,
Nous devisons de tout et de rien à la fois,
Dirigeant nos lents pas près de cette esplanade
Où nous venons marcher, nous détendre, parfois.

Le merle dans les bois nous chante sa romance,
Suivant notre parcours, écoutant notre voix ;
Ayant peut-être aussi en lui la souvenance
De nous y voir souvent, près de la vieille croix.

Sur un vieux tronc moussu, nous faisons une pause ;
Sans doute attends-tu en ma déclaration :
J’ai justement choisi, en tout état de cause,
De rompre en ce jour avec ma discrétion.

© SDGL - Echos Poétiques. 2005.




PENSÉES D'AUTOMNE

J’embrasse du regard les couleurs de l’automne,
Déclin d’une saison que les premiers frimas
Sur les feuilles jaunies à l’aspect monotone,
Impriment de leur sceau : dommageable climat.

Le sous-bois s’éclaircit et de sa frondaison
Ne subsiste que peu ce qu’elle fut naguère,
Tandis que le vent chante aux rameaux l’oraison
Qui émeut la nature : émouvante prière.

Comme une poésie aux douces consonances
Rime un décor en deuil, prémices de l’hiver,
Où la végétation au temps, aux outrances,
Murmure son refrain comme on transcrit des vers.

Mon être s’habitue, malgré le vague à l’âme ;
La désolation à l’orée des coteaux…
J’en suis attristé, mon attention se pâme
Quand le soleil se fond sur les plus hauts plateaux.

Ce spectacle étonnant tempère ma tristesse,
Ravive mon ardeur, éponge mon chagrin,
Car je sais bien qu’un jour à nouveau l’allégresse
Du printemps reviendra comme arrive un refrain.

© SDGL - Echos Poétiques. 2005.




PERCEPTION

Mon cœur est violon au logis de mon âme,
Dont s'accorde une valse aux langueurs de velours ;
Une harmonie légère, un refrain qui enflamme
Mon oreille esthétique au regard de l'amour.

Au monument des sons la musique m'enfièvre,
Et rejoint l'horizon de mes rêves secrets,
Comme s'épanouit une pièce d'orfèvre
Ciselée par des doigts inspirés mais discrets.

Je grave en ma mémoire ineffable et offerte
L'euphonie des accords venus de nulle part,
Enveloppant mes sens à la porte entrouverte,
Au seuil de mon jardin cueillant leur faire part.

Ce chant sacré, reflet d'un écho romantique,
Qui prête à mes désirs quelques rêves d'espoir,
Souffle un rayon de joie, un instant authentique,
Au vallon de mes jours qui ne sont qu'un miroir.

Ô douceur de l'extase, à mes parvis d'albâtre
Fragiles, incertains, ton silence enchanteur
Environne mon cœur qui devient le théâtre
D'un spectacle divin, éphémère et trompeur ;

Ironie de mes songes, candides pensées,
Calice doux-amer de nectar et de fiel,
Témoignage de foi et de larmes versées,
Paradoxe où j'expie, priant Dieu et le ciel...

© SDGL - Echos Poétiques. 2005.




LES DIEUX ET LES MUSES

Mes amis, écoutez, car je suis le poète,
Ma lyre flamboie aux accords harmonieux
Que chantent sous ma plume des rimes en quête
D’un vent de passion, de vers ingénieux.

Tandis que, dans la foi, Thalie commet une ode,
Qui, du Mont Hélicon, en transmet le refrain,
Tous les dieux de l’Olympe, unis en leur synode,
Célèbrent la beauté comme un parfait quatrain.

Puis Zeus et Mnémosyne, autour de leurs neuf filles,
Ces Muses présidant tous les arts libéraux,
Léguèrent aux mortels le génie pour que brillent
Tous les trésors cachés de leurs dons ancestraux.

Au flambeau des idées brûlent des rimes vives,
Par l’union sacrée des rythmes et des sons,
La musique des mots, aux notes fugitives,
Déesse Polymnie m’en octroie la moisson.

Mes amis, écoutez, car je suis le poète ;
Ma lyre resplendit d’accords harmonieux ;
J’ai envers le poème une extatique dette ;
Écrire en poésie n’est jamais ennuyeux.

© SDGL - Echos Poétiques. 2005.




Ô DÉESSES ET DIEUX !

Ô ! Déesses Thalie, Polymnie, Erato,
J’eusse aimé de ma lyre en solfier une ode,
Qui, du Mont Hélicon, dans un grand concerto,
Épandrait mes poèmes envers votre synode.

Ô ! Zeus Maître des Dieux qui depuis Olympie,
Énonce les oracles, en prône la valeur,
Divinité du ciel méprisant les impies,
Dissipe la souffrance, éloigne le malheur.

J’eus aimé, Aphrodite, enfin sur cette terre,
Que tu donnas beauté et l’amour à tous ceux
Qui propagent la haine au nom de sots critères,
Et prêchent le calice à tous les malchanceux.

J’eus aimé Mnémosyne, élue Mère des Muses,
Que tu dotas l’humain d’un peu plus de savoir,
Que la sagesse, un jour, prive les viles ruses
D’engendrer le péché, selon ton bon vouloir.

Ô ! Déesses et Dieux, de tous vos sanctuaires,
Bénissez l’innocent, l’ingénu que je suis ;
L’idéal est en moi, mais où sont mes repaires ?
Je cours après un rêve, le rêve me poursuit.

© SDGL - Echos Poétiques. 2005.




À LA CAMPAGNE

Que ces journées d’été où le soleil flamboie
Répandent, dans les champs, généreuses chaleurs,
Ces rayons protecteurs dont le sol se pourvoie
Quand l’herbe jaunissant cerne les frêles fleurs.

La campagne revêt son habit de lumière ;
Les nombreux chants d’oiseaux parviennent en échos ;
Dans le proche jardin entourant la chaumière
Les guêpes butinent sur les coquelicots.

Sur la branche de pin, l’écureuil se profile,
Discret et attentif, au beau pelage roux,
Et à ma vue, soudain, se dissimule, agile,
Car je suis l’importun qui l’a mis en courroux.

Sur les massifs lointains passe un vol de corneilles,
Dessinant dans le ciel un voile prolongé,
Recherchant les fruits mûrs dans de coquettes treilles,
Dont le raisin, c’est sûr, sera endommagé.

Je poursuis mon chemin, imbu de poésie,
Mon cœur est à la fête et mon esprit serein ;
Je goûte le bonheur, mon ouïe est saisie
De ces bruits familiers dont j’entends le refrain.

© SDGL - Echos Poétiques. 2005.




PATRIMOINE

De par leur érosion née des tracas du temps,
Châteaux et monuments lèguent leur héritage
De remparts burinés, usés depuis longtemps,
Dressent leur ossature, et crient le mal de l’âge.

L’atmosphère d’époque en patine la pierre ;
La plupart des vieux murs en montrent la douleur,
Que leur restauration, indulgente prière,
Redonne un brin d’orgueil à leur triste pâleur.

Patrimoine en péril, qu’on ose la faveur
De vous donner le lustre et nouvelle jeunesse,
Afin que la mémoire en garde un œil rêveur,
Et que de notre histoire un fier passé renaisse.

Je suis l’admirateur des souvenirs de gloire,
Eclairé partisan des anciens bâtisseurs,
Dieu que l’architecture en devient méritoire
Quand les hommes géniaux en sont les polisseurs.

© Echos Poétiques. 2005.




UNE PASSION

Tu nourrissais, c’est vrai, certains dons de peinture,
Les fines aquarelles, enrichissant nos murs,
Sont les vivants témoins, la tendre garniture
D’un talent du pinceau et de coloris purs.

L’éclatante fraîcheur de tes natures mortes
Témoigne de l’aisance et sensibilité,
D’un goût, d’émotions aux teintes pastel fortes
Que tu savais marier dans l’opportunité.

Et je passe du temps souvent devant tes toiles,
Pour boire les couleurs, charmer mon œil épris,
Tout comme le poète observant les étoiles
Savoure leur secret que sa vue a compris.

N’est point flagornerie l’hommage à ton mérite ;
J’ai toujours su priser cette vocation ;
Regrette, toutefois, qu’une aisance émérite
N’ait connu plus longtemps ce feu de passion.

© SDGL - Echos Poétiques. 2005




CLIN D'ŒIL PRINTANIER

Le soleil se répand en longues tresses d’or
Sur l’immense tapis de gazon émeraude,
Flatté par la chaleur, gagné par le confort
Des bienfaisants rayons que le ciel échafaude.

Un aquilon plaintif murmure en la forêt ;
Les randonneurs s’en vont le sac sur leurs épaules,
Conquérant la nature en un parcours discret
Sous le charme coquet des futaies cévenoles.

Un cours d’eau alangui se perd dans les maquis ;
On y voit des pêcheurs prenant mal en patience,
Et dont l’œil vigilant guette l’instant exquis
Où la truite viendra selon toute espérance.

Sur les plus hauts rameaux des arbres, les oiseaux
Volent de branche en branche et pépient leur romance ;
Au faîte des cyprès, en forme de fuseaux,
Jacassent quelques pies en toute indifférence.

Partout, autour de moi, est un enchantement,
La nature et le temps y célèbrent leurs noces ;
Comment ne pas ici avoir le sentiment
De goûter les splendeurs devenues sacerdoces.

© SDGL - Echos Poétiques. 2005.




PREMIERS FRIMAS

Que j’aime ces couleurs diaprées de l’automne,
Ces nuances, ces tons qui flamboient, contrastés,
Voir aussi dans les prés le brome 6 qui frissonne
Sous l’aquilon glacial aux soupirs tourmentés.

Et la feuille jaunie tourbillonne, légère,
Avant de s’abîmer sur l’humus capiteux,
Dont la grisante odeur, limpide messagère,
Annonce les frimas sous un éther laiteux.

La nature s’endort, chamarrée, élégante,
Tel un bijou serti dans son coquet écrin ;
La sylve qui chatoie semble bien arrogante
Paraissant défier la saison en déclin.

Bientôt apparaîtra, sur les plus hautes crêtes,
Le blanc revêtement d’un grand manteau neigeux ;
L’isard désertera ses secrètes retraites
Pour rentrer dans le bois, refuge avantageux.

©SDGL - Echos Poétiques. 2005




PAYSAGE MARITIME

Quand la rosée des mers , la dense farigoule,
Décorent les plateaux au-dessus de Sormiou,
Et que l’on suit la mer, agitée par la houle,
En allant vers les Goudes on aperçoit Riou.

Calanques escarpées, falaises impressionnantes,
Pins sylvestres noyés de soleil et de vent,
Innombrables voiliers sur les eaux scintillantes,
Qui défient l’élément dès le jour se levant.

Tout transpire, ici-bas, de capiteux arômes
Séduisant l’odorat par delà les sentiers,
C’est l’odeur de Provence et ses heureux symptômes
Qui réchauffent nos cœurs s’en rendant héritiers.

Comment ne s’étonner de prodigue nature,
Cette oblation de Dieu, près de l’écrin de mer,
Tout autour de Marseille, et charmante peinture
Dressée au chevalet d’un tableau qui m’est cher.

©SDGL - Echos Poétiques. 2005.




ESPOIR

La grammaire surprise, étonnée et ravie,
Sentit, soudain, renaître un espoir imprévu ;
Ses souches ébranlées de graphie asservie
Au cuir de la syntaxe, étreinte au dépourvu,

Ne cachèrent leur joie face à ces barbarismes,
Mutilation de mots dont l’accent philistin
Ajouté aux écarts dus à bien d’anglicismes,
Semblaient avoir scellé son affligeant destin.

Il s’avère, aujourd’hui, que l’idée collective,
Prenne, enfin, l’ascendant sur les termes bannis,
Grâce à la volonté et l’initiative
Des intellectuels, fins rhéteurs réunis.

Ce manque de savoir, lacune du langage,
Dont l’emploi, sans respect, écorche plus d’un mot,
Est gagné, peu à peu, et à notre avantage,
Par le verbe équitable, au bon sens face aux « maux ».

La grammaire apaisée de voir venir en aide
À son chevet renfort, signe de réconfort,
Entretient cet espoir, au désir qu’elle plaide,
Pour qu’accords et sujets parent son coffre-fort.

©SDGL - Echops Poétiques. 2005.




SOIR DE PRINTEMPS

Le vent a essaimé les pétales de rose
En tapis de velours au gazon du jardin,
Quand un soir de printemps la nature repose
Au chant des passereaux dans le vertugadin.

Et les coquelicots ondulent, flegmatiques,
Habillés par les rais d’un soleil fléchissant,
Tandis qu’au firmament, en vols acrobatiques,
Les martinets s’octroient un ballet incessant.

Le lac, perle d’argent est miroir séraphique :
Tel un ange gardien dans son écrin galant,
Où sur une onde étale, à mon regard pudique,
S’offre un envol accort du cygne vigilant.

Et j’observe, en amont, un petit exutoire
D’où s’écoulent les flots aux prairies, s’échappant ;
Quand la riche verdure est un évocatoire
À l’âme solitaire, aux sens m’enveloppant.

©SDGL - Echos Poétiques. 2005




SAVOIR REGARDER

Les parfums, les couleurs et les sons se répandent,
Comme a dit Baudelaire en rêveur inspiré ;
Dans la douceur du jour ces beaux mots nous détendent
Aux murmures, aux tons d'un bienfait désiré.

Peignant nos sens au gré de leur probe richesse,
Dont notre oeil se nourrit, profite notre esprit ;
Ah ! ces pures couleurs, combien je le confesse,
Vernissent notre cœur quand l'espoir y souscrit.

Marions ces parfums, ces couleurs et ces sons ;
Qu'ils deviennent nectar que notre âme récolte,
Chassent du jour le fiel ainsi que les soupçons,
Au profit d'ornements d'un discret désinvolte.

Et tous ces coloris, gracieuses nuances,
Ces accents oubliés en nos désirs nouveaux,
Épanchent leur caresse et leurs prédominances :
Je respire aux raisons de ces traits picturaux.

©SDGL - Echos Poétiques 2005




MENUET DE PRINTEMPS

Comme les bras tendus vers un charmant visage,
Deux rameaux d’églantine offrent leurs plans de fleurs,
Ondulant sous la brise et donnant au bocage
Un suave parfum courtisant les couleurs.

Se faufile un sentier, sinueux, solitaire,
Emprunté des amants qui se content mots doux,
Tapissé du velours de l’herbe printanière
Sur laquelle leurs pas se donnent rendez-vous.

Tandis qu’un rossignol en le sous-bois se glisse,
S’abrite du regard dans les haies d’arbrisseaux,
Un peintre, dans les champs, à l’âme novatrice,
Pérennise sur toile un alpage aux pinceaux.

Danse le menuet d’une verdure en fête,
Authentique à souhait, écrin d’intimité ;
Chante le doux refrain de la sylve coquette,
Quand la dryade veille avec félicité.


© SDGL-Échos Poétiques. 2005.




EN LA FOI

Est-il plus excessif que de boire au calice ;
Dans la communion sembler contempler Dieu,
Louer la probité, laver les cicatrices
D’un nombre de péchés abusifs à nos yeux ?

Nous les exorcisons dans la sainte prière
À l’Autel du Seigneur, afin de soulager
Les maux qui nous défient, serrant notre bréviaire
Dans nos coupables mains en vue d’être jugé.

La foi qui nous anime est divine onction,
Ravive en notre endroit l’atout de confiance,
Bannit notre anxiété, noie la tentation,
Planifie notre angoisse en ferveur et croyance.

En tout état de cause, et dans la probité,
Dépendent l’amour, la piété, l’allégeance
Dont la raison s’acquitte en la moralité,
Tandis que nous bénit le ciel de sa clémence.


© SDGL-Échos Poétiques. 2005.




LE JARDIN D'AUTREFOIS

Il me souvient du lac paré de nénuphars
Saturé de poissons de belle couleur rouge,
D’ensembles de roseaux qui, sous un ciel blafard,
Dressaient leurs chaumes creux sans qu’aucun d’eux ne bouge.

C’était au temps jadis, où les saules pleureurs
Épandaient jusqu’au sol leur généreux branchage,
Tandis qu’au bord de l’eau d’abondants lys en fleurs
Parsemaient de leurs plants les chemins du rivage.

La cascade brossait sur les rocs érodés
Ses gerbes cristallines où le fin capillaire
Proliférait en nids constamment inondés,
Suspendus, frémissants, aux brèches du calcaire.

De petits passereaux habitaient le bocage,
Recouvrant de leur chant ces immenses jardins,
Pendant que dans l’allée abritée du feuillage,
Les couples devisaient de leurs pas citadins.

Il me souvient encor de ce temps révolu ;
La nature octroyait pleinement ses essences,
Dont le charme feutré de ce parc s’est complu
Aux racines bénies qui ont pris leurs distances.


©SDGL-Échos Poétiques. 2005.




LES MUSES

Je voudrais de Clio hériter du savoir,
Engranger la culture et maîtriser l’Histoire
De l’évolution pour mieux la percevoir ;
Être docte, avisé, devenir méritoire.

Je voudrais d’Uranie vernis et compétence,
Pour qu’en astronomie, la science des cieux,
J’entrevois la structure et pèse leur distance,
D’astres, de soleils, dans l’éther silencieux.

Je voudrais d’Euterpe couvrir quelques accords,
Entendre l’harmonie de pianos féeriques,
Où je m’enivrerais, frémissant en mon corps,
Au son d’un concerto aux accords oniriques.

Je voudrais de Thalie enrichir mon esprit
D’un genre littéraire et, dans le vaudeville,
Emprunter aux acteurs leur meilleur manuscrit,
Jouer la comédie, avoir le verbe habile.

Je voudrais d’Érato flatter les notions,
Pour, dans les hexamètres et dans les pentamètres,
Parfaire quelques vers en mes ambitions,
Être tendre, lyrique, écrire en belles-lettres.

Grâce à toi, Melpomène, être un génial acteur ;
Danser le soir venu au ballet des étoiles,
Si Terpsichore autant m’en accorde faveur ;
Et Calliope, enfin, au brio me dévoile.

Polymnie m’a donné, dans son aménité,
Quelques dons de graphie – quelle sublime Muse - !
Je cède à ses désirs dans la félicité,
Me nourris de quatrains si parfois j’en abuse.


© SDGL-Échos Poétiques.2005.




PAYSAGES D'HIVER

Il sourd du fond des bois la plainte du feuillage,
Maltraité par le froid, la rigueur des hivers,
La nature est en deuil, offre l’estampillage
Que la saison octroie de ses effets pervers.

Vivre les grands frimas dans la neige en décembre
Au milieu des sapins décorés tout de blanc,
Me donne l’impression d’être dans l’antichambre
D’un éden enchanteur, généreux et troublant.

J’aperçois au hallier quelques couples de merles ;
Déjà la lune au ciel est un croissant lacté ;
D’un branchage voisin quelques gouttes d’eau perlent,
Se perdant en le sol et ses cristaux sculptés.

Au fond de la vallée chatoient plusieurs lumières,
Des cercles lumineux éclos de ses hameaux,
Où fleure le parfum de séculaires pierres
Entourées de jardins et quelques vieux ormeaux.


© SDGL-Échos Poétiques. 2005.




SYMPHONIE CHAMPÊTRE

Quand valsent dans les prés renoncules en fleurs
Caressées par les vents qui soufflent leurs arpèges,
Se marient tous les sons, une aubade à l’ampleur
Qui semble provenir d’un cahier de solfège.

Le concert de la vie est paisible romance ;
Comme la musique : enrichi d’émotions ;
Interpelle nos sens, puis devient performance
Quand, de sa mélopée, naissent sensations.

Les cascades et lacs, eaux vives et dormantes,
Comme un tableau vivant s’ajoutent au décor,
Un cadre fascinant aux nuances charmantes
Dont se teintent les bois parés de boutons d’or.

Qu’il me plait cet écrin du haut lieu savoyard ;
Où j’aime regarder les vallées enneigées,
Paysages bénis du haut lieu montagnard,
Dominés de sommets et d’aiguilles figées.


© SDGL Échos Poétiques. 2005.




LA MÉMOIRE DES CIMES

Les eaux froides des lacs saisies du gel d’automne
Sont figées de longs mois aux plateaux élevés,
Et seul, dans ce frimas, l’écho du fœhn entonne
De lancinants soupirs sans cesse ravivés.

La neige écrit l’exploit et marque les mémoires
De nombreuses cordées, de simples conquérants,
Hommes audacieux, frêles et dérisoires,
Vouant la passion aux risques aberrants.

Il en coûte parfois, aux plus impétueux,
Dans des ascensions toute une tragédie,
Mais ne viennent-ils point, souvent présomptueux,
Accomplir un exploit que l’effort leur dédie.

Dans ce décor sculpté de glaciers, de moraines,
Ou de pics s’érigeant fièrement vers le ciel,
Caressé par les vents, tel un chant de sirènes,
Destin et puis la mort sont bien concurrentiels.


© SDGL - Échos Poétiques. 2005;




LA PRAIRIE

La prairie resplendit des plans de renoncules,
Du généreux parfum par les vents, dispersé,
Et se pare d’atours en cette canicule
Où l’oiseau tient ramage avant de s’élancer.

L’aubépine est en fleurs, se gorgeant de cétoines,
D’abeilles voletant s’enivrant de nectar,
Tandis que, dans les prés, de nombreuses aigremoines
Inondent le gazon, fleurissant la plupart.

La nature parade en habit de lumière
Qui brille de l’éclat né de sa variété ;
Elle embaume alentour jusqu’en chaque chaumière,
Se propage, discrète, avec complicité.

Quand, à la nuit tombée, s’étend le long silence,
Et que le hibou chasse en quête de mulots,
Étoiles et lune font soudaine allégeance
À la tiédeur des lieux sous les haies de bouleaux.


© SDGL - Échos Poétiques. 2005.




EN SOUS-BOIS

Sertis dans leur écrin qui fleure bon l’alpage,
Futaies d’épicéas, érables et bouleaux,
Cohabitent en sous-bois où l’aulne se propage,
Dans la verte vallée traversée de cours d’eaux.

Devant cette eurythmie que prodigue nature
Dans un écosystème au climat rigoureux,
Se marient faune, flore et la grande aventure
Du maintien de la vie en milieu chaleureux.

Royaumes florissants, pondérés, séculaires,
Et havres séducteurs, abris animaliers…
Quelques rares oiseaux en sont les titulaires,
Ayant acquis asile en ces lieux familiers.

Quand la chanson du vent au travers du feuillage
Se répand en écho au lever du soleil,
Les frêles passereaux deviennent l’habillage
D’une végétation déjà en sommeil.


© SDGL - Échos Poétiques. 2005




PUIS-JE ESPÉRER ?

Puis-je espérer, en mon credo,
Ô ma compagne, un seul murmure
Qui, dans mon coeur, serait parure
Comme un rondo.

Je m'interroge, et mon esprit
Aux questions est sans réponse...
Quant à mon coeur, il ne renonce,
Et me sourit...

Car le silence est mon ami,
Mon confident - aussi mon arme -
Un privilège qui me charme :
Un compromis !

Me sentir seul et rester deux ;
Est-il meilleur autre soi-même ?
Bien belle chance, (ou un dilemme)
À quels enjeux ?

Ces mots en habits d'arlequin
Qui s'agitent en farandole,
Tandis que ma plume s'isole
En mon destin.

Je rendrai grâce à Dieu, du ciel,
Où ma substance incorporelle
Fera l'aveu confidentiel
De "Vie nouvelle".


© SDGL - Échos Poétiques. 2005.




REGARDS

La hêtraie sapinière où les grands tétras-lyres
Évoluent à l’abri des regards indiscrets,
Attire le poète et lui prête sa lyre,
Lui inspire les vers dont elle a le secret.

Dans les champs recouverts de silènes dioïques
Et où la vue, superbe, enchante les Écrins,
Les couleurs se marient en belles mosaïques
Où il fait bon rêver dans un milieu qui craint.

Fragile sûrement est cet écosystème
De vallées et de monts, immuables beautés ;
Drapé de cascades que la nature essaime
Dans des cols escarpés et de cimes dotés.

Aux portes de l’Oisans est l’Isère sauvage,
Où les monts alentour sont encore enneigés ;
Ses massifs cristallins limitent le clivage
Entre les champs en fleurs et ses parcs protégés.

Les troupeaux de moutons sont toujours en alpage,
Les vaches paisibles paissent aux herbacés ;
Plus haut dans les moraines un vieux chamois s’engage
Dans les vastes séracs abrupts et crevassés.

Je muse dans les prés, compose quelques mètres
S’articulant au gré de mes alexandrins ;
Je ne puis qu’admirer ; mon esprit se soumettre
Au faste du site, j’en suis le pèlerin.


© SDGL-Échos Poétiques. 2005.




HARMONIE

Les phalènes affluent le soir au clair de lune
A la lumière crue qui filtre des lampions,
Tandis que les lampyres trouvent opportunes
Les brèches des vieux murs, repaires des scorpions.

Nuée d’engoulevents au-dessus des toitures
Sillonne l’atmosphère, et leur gazouillement
Est une psalmodie ; répand en la nature
Une aubade à la vie, cérémonieusement.

Je respire ici-bas l’odeur d’anciennes pierres,
Imprégnées du parfum, des relents du passé,
De l’église romane et de son presbytère
Aux valeurs du savoir, que les ans ont tissés.

Bien-aimée Provence, je puise mes racines
En ton sol généreux, patrie de l’olivier ;
Respire le nectar des grappes de glycine
Auquel mon odorat a été convié.

Et du soir au matin quand brillent les étoiles,
Dans les cieux éthérés, balayés par le vent,
Je me prends à rêver, comme un peintre à sa toile
Couronnée de couleurs dans un tableau vivant.


© SDGL-Échos Poétiques. 2005.




MARAIS

Les phragmites dressés au cœur du marécage
Envahissent les eaux, ondulent sous le vent ;
La fauvette des joncs a quitté le bocage
Rejoignant rousserolles et sarcelles, souvent.

Le site est familier et nombreuses espèces
En quête d’abri pour nidification ;
Les oiseaux migrateurs y trouvent les richesses
D’un gîte saisonnier, distant d’agression.

Poissons, invertébrés, se profilent dans l’onde,
Tandis que vient s’ébattre un grand vol de cols-verts,
Quand le martin-pêcheur de par son long bec sonde
Le centre de l’étang y cherchant quelques vers.

Un vol de passereaux s’abat dans les feuillages
Tandis qu’au firmament le soleil disparaît,
Et que soudain le son de leurs bruyants ramages
Semble nous inviter à la nuit qui paraît.


© SDGL-Échos Poétiques. 2005.




SOUVENIRS ROMANTIQUES

Il me souvient encor, ô ma douce compagne,
De ce chaste baiser sur ton sein innocent,
Nourri d’émotion que l’amour accompagne
Au champ des passions d’un sentiment naissant.

Tu te prêtais au jeu, complice et puis galante,
Par nos cœurs réunis bercés de purs élans ;
Au royaume des cieux Aphrodite, troublante,
Pesait son doux regard sur nos deux fronts brûlants.

Ta chevelure blonde, éphémère comète,
Parcourant les contours de ton sein dénudé,
S’agitait sous la brise en une valse abstraite,
Caressant ton minois de beauté, inondé.

Loin des rigidités que réserve la vie,
Nous étions très gourmands des saveurs du présent,
Sans nous poser propos, ou de crainte asservie
Aux lendemains douteux souvent nous exposant.

Nos pudiques amours, telles ondes limpides,
Ornaient les flots bleus de cette dévotion :
L’attachement divin que deux amants candides
Se jurent, discrets, comme une citation.

Et quand plaira à Dieu cet hymen qu'il bénisse ;
Sur les ailes du temps d’un parcours bienséant,
Nous unirons nos cœurs, nos destins pour que puisse
Vivre l’idolâtrie qu’à jamais on ressent.


© SDGL - Échos Poétiques.2005.




JEUNESSE ET VIEILLESSE

Gommer du temps aux ans, gouverner sa jeunesse,
Lui prêter la durée qu'il plairait valider :
Folle philosophie, chimère sans promesse,
Espoir de vanité pour mieux nous gourmander.

Et la flèche du Temps qui blesse la vieillesse
Ne peut guérir, hélas, de ce qui fut conquis...
Tel est ainsi le sort et qui, sans politesse,
S'abat un jour sur nous puisqu'on ne le vainquît.

Jeunesse n'a qu'un temps, vieillesse contre temps :
Spectre disgracieux qui contemple l'automne,
Envieux de Janus au pouvoir exaltant,
N'ayant qu'un seul visage et l'âge qu'il nous donne.

Car plus on devient vieux le temps est disgracieux ;
Nos tempes fleuriront au blanc impitoyable,
Cernées de toute part au poids calamiteux
D'une ardeur qui s'éteint : destin irrévocable.

La jeunesse est printemps, hiver est la vieillesse ;
- Penser en la jeunesse est savoir bien vieillir - ;
Aux splendeurs d'autrefois, le charme fait noblesse :
S'il est indélicat, il peut nous embellir.


© SDGL-Échos Poétiques. 2005.




COMPLICITÉ

J’ai lu en ton regard comme on lit un poème,
Fasciné par les mots, instruit d’une expression,
Tel un fervent lecteur dans le roman qu’il aime,
Sensible au sens du verbe et à la narration.

J’ai lu en ton regard à livre grand ouvert,
Dénudant tes pensées parmi les plus secrètes,
Et comme le poète improvisant des vers,
Mon esprit s’aventure en rêveries discrètes.

J’ai lu en ton regard ce mot divin : amour,
Facile à deviner, attitudes complices,
Tu m’observais aussi, et mieux qu’un long discours,
Nos pensées, de concert, étaient révélatrices.


© SDGL-Échos Poétiques. 2005.




EN FORÊT

Les sous-bois résonnent à l’arrière saison
Du brame des grands cerfs croisant leurs empaumures,
En d’incessants combats où sous la frondaison
Un vent léger et frais distille ses murmures.

Planant sur le maquis la buse variable
Est en quête de proies, d’innocents campagnols,
Dans son vol circulaire et guette, impitoyable,
Quand chantent dans les haies les discrets rossignols.

Hêtres et châtaigniers sont de bon voisinage,
Et parent la forêt d’un plaisant ornement,
Aux teintes nuancées, poétique apanage
D’un monde de couleurs, mariées habilement.

Le concert de la vie est mélodie agreste,
Une polyphonie dans cette frondaison,
Dont le chant harmonieux dans ces accords atteste
La sauvage beauté qu’estampe la saison.


© SDGL-Échos Poétiques. 2005.




PARADOXE

La folie est un bien dont le mal est adroit,
Tant soit peu que ce mal est un bien nécessaire ;
Aimer à la folie, je le dis, je le crois,
N’est folie des grandeurs quand l’amour est sincère.

Dans la folie des mots passion est maîtresse,
Il faut lire les maux qu’elle peut attirer,
Et comme les émaux dans une œuvre maîtresse,
Pour chercher les défauts : il faut lire aéré.

La folie, nous dit-on, est un mal nécessaire,
Un bien pour un rendu sans concession au mal,
Si c’est un mal heureux il devient l’émissaire
De ce grain de folie : ne nous va pas si mal.

Le génie, la folie font souvent bon ménage,
J’ai ni l’un pour atout ni l’autre m’accablant ;
Ainsi je me ménage et nage en mon nuage,
Jouissant de mon sort loin d’un concept troublant.


© SDGL-Échos Poétiques. 2005.




PAYSAGE MARIN

Quand la rosée des mers , la dense farigoule,
Décorent les plateaux au-dessus de Sormiou,
Et que l’on suit la mer, agitée par la houle,
En allant vers les Goudes on aperçoit Riou.

Calanques escarpées, falaises impressionnantes,
Pins sylvestres noyés de soleil et de vent,
Innombrables voiliers sur les eaux scintillantes,
Qui défient l’élément dès le jour se levant.

Tout transpire, ici-bas, de capiteux arômes
Séduisant l’odorat par delà les sentiers,
C’est l’odeur de Provence, et ses heureux symptômes,
Qui réchauffe nos cœurs s’en rendant héritiers.

Comment ne s’étonner de prodigue nature,
De cette oblation près de l’écrin de mer,
Tout autour de Marseille, et charmante peinture
Dressée au chevalet d’un tableau qui m’est cher.


© SDGL-Échos Poétiques. 2005.




L'INSOUMIS

Il vécut au-delà du pardon et du blâme,
Calfeutré dans l’ailleurs d’un bienséant oubli,
Rigoriste penseur, en paix avec son âme
Et souvent philippique à la vox populi.

Il encra sa part d’ombre aux franges des lumières,
Lissa l émotion, la fièvre et sa rancœur,
A la plinthe du mal, en ferventes prières,
Chassant de l’esprit l’affliction de son cœur.

Les rêves récurrents et pensées fugitives,
Les phantasmes pétris dans le destin cruel,
L’épreuve de la vie, et ses humeurs rétives,
L’ont plongé, peu à peu, dans un monde irréel.

Au lieu d’être soldat il se fit déserteur,
Il préféra la rose, éloignant le calice,
Fuyant femme et enfants au cri de la douleur,
Mais fier d’être avec Dieu partageant son supplice.


© SDGL-Échos Poétiques. 2005.




DANS LE BRIANÇONNAIS

L’Eychauda, le Pelvoux, Notre Dame des Neiges,
Cité de Vauban, ses fortifications ;
Vallée de la Clarée et le mont de la Meije,
Magie floristique, écrin des émotions.

Briançon, ville d’Art au décor de l’histoire ;
Porte de Pignerol, église aux Cordeliers ;
Mais aussi ses remparts d’un passé méritoire
Riche et haut en couleurs aux parfums singuliers.

Sur les vétustes murs, depuis trois centenaires,
Venons nous imprégner du parement du temps,
Du savoir gnomonique en ces cadrans solaires
Dont les fresques encor sont léchées de printemps.

Que j’aime ce plan d’eau dans le parc de la Schappe !
Ces grands espaces verts, musicaux et boisés !
Fontaine des Soupirs et la Maison du Pape !
Ses monuments classés, au temps : poétisés !

Beau portique d’Embrun, de Méane et Dauphine,
Et rue du Pont d’Asfeld dans la vieille Cité ;
Autant d’illustres noms dont l’histoire fascine
L’esprit du visiteur souvent sollicité.

Mais le Briançonnais est l’étrange aventure
Des hommes d’aujourd’hui et d’un très vieux pays,
Où voisinent lichens, airelles et parure
Des mélèzes et des baies sous nos yeux ébahis.


© SDGL-Échos Poétiques. 2005.




LA PONCTUATION

L’apostrophe est label de fine élision,
Et le trait d’union met l’accent dans la phrase,
Dans ces mots qui, longtemps, avec précision,
Proposent l’apostrophe en élément de base.

L’astérisque est l’étoile indiquant un renvoi :
La ponctuation qui sert aussi de marque,
Évite de citer, quand cela le prévoit,
L’initiale d’un nom : trois étoiles à la marque…

L’usage des crochets s’apparente aux tirets ;
Ils présentent l’aspect comme les parenthèses,
Mais leurs extrémités en festons bien concrets
Indiquent un sous-titre, expriment dans les thèses,

Certain texte en réserve, ou bien encore un vers
Qui ne tiendrait, tout seul, en une seule ligne.
Venons-en aux deux points : leur usage est divers ;
Leur formulation, loin d’être bénigne,

Exprime la synthèse au propos précédent,
Sens d’explication ou encore d’une cause.
Point d’exclamation souligne, transcendant,
Un effet de surprise et la joie qu’il impose,

Car il précise aussi les interjections,
Phrases exclamatives : à valeur d’apostrophe
Quand à l’impératif donne les fonctions.
Au milieu d’une phrase, ou au sein d’une strophe,

Aucune majuscule, en ce cas, n’intervient.
Quant aux chers guillemets, en leur paramétrage,
Dans la citation leur exercice advient,
Français ou bien anglais : clarifient le lettrage.

N’oublions pas ce point d’interrogation :
Savoir coordonner l’utilité directe,
Indirecte, bien la compréhension
Créerait une rupture en la phrase incorrecte.

S’il termine, à vrai dire, une citation,
Ne pas le faire suivre, en commettant la faute,
Par ces glorieux trois points de suspension…
Souvent la chose, hélas, chez certains à la côte.

Points de suspensions : marque pause au sujet ;
Une interruption dans l’acte de graphie.
Même au milieu d’un mot, s’il en fonde l’objet,
Les nuances sont riches d’idéographie.

La virgule à un sens, comme le point final.
Elle est comme un soupir, marque une courte pause ;
Placée au vocatif son emploi est signal
Qu’il y a relative, et que cela suppose

De ne pas l’oublier par inattention.
Enfin, pour terminer, le tiret et l’espace,
D’ordinaire au Théâtre ayant vocation,
Constituent l’unité lexicale et la grâce.

Pour le trait d’union je dirai seulement
Qu’il crée un substantif en la grammaticale,
Distingue homonymes, mots préfixes, aisément,
Donnant une noblesse au texte en l’intervalle.


© SDGL-Échos Poétiques. 2005.


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